lundi 20 avril 2026

 



                                          La leçon d'Hermès


Quel mardi !

Jugez:

1)  Claude Guéant a répondu. 

Une lettre au tribunal. Trois pages que j'ai lues, et tout Sarkozy s'effondre. À supposer qu'il pût s'effondrer, tellement il était déjà bas.

    À propos de ses quatre voyages entre 2008 et 2010 que Nicolas Sarkozy dit avoir ignorés: " N.Sarkozy était forcément au courant puisque pendant ces courts déplacements, j'étais absent du bureau"  (le "bureau d'angle" où travaillait Claude Guéant n'étant séparé du Salon doré - bureau de Nicolas Sarkozy-  que par celui des secrétaires).

On imagine que la Cour le sait.

Et puis plus loin: " Bien sûr ces déplacements se sont faits à la demande du Président"

À propos de la situation de Senoussi, ce "Claude, voyez cela". 

Il ne "balance" pas Guéant, il veut rétablir les faits et ne pas avoir à porter seul le fardeau de l'infamie . On peut le comprendre.

On est dans la fange de toute façon.


2)  Ce même jour, Vincent Bolloré a fait "virer" Olivier Nora éditeur emblématique, et patron des éditions Grasset.

Je vais essayer d'être objectif.

Grasset tout de même ce n'est pas les Editions Harlequin

Tenez, comme cela: 

Baudelaire, Cocteau, Druon, Mauriac, Malraux,  Nabokov et, passons les ans, Laure Adler, Laurent Binet, Anne Berest, Pascal Bruckner, Sorj Chalandon, Virginie Despentes, Gaël Faye, Vanessa Spingora parmi tant et tant d'autres.

Olivier Nora était là depuis 26 ans; ce qu'est Grasset aujourd'hui son portefeuille d'écrivains reconnus, il n'y est évidemment pas pour rien. 

Cela étant, il a 66 ans. Partir à 66 ans n'est pas dramatique . Cela l'est d'autant moins quand on a gagné 1 million l'an dernier, ce qui n'est pas rien, et que l'entreprise que l'on dirige, a vu son chiffre d'affaires baisser de 25% et ses résultas de 50%.

C'est d'ailleurs l'un des arguments employés par Vincent Bolloré dans son "éditorial" publié par le JDD dimanche le 19 avril.

Mais la vérité est que ce n'est pas la raison de son éviction, pour les raisons suivantes:

-Dans l'édition les ventes dépendent essentiellement de la production littéraire des écrivains sous contrat et notamment des plus populaires. Que deux écrivains majeurs terminent ou n'aient pas terminé leur livre, qu'ils soient en état d'être publiés ou pas change radicalement  les choses. 

Virginie Despentes c'est 150.000 exemplaires. Laurent Binet 100.000. À 20 € le livre cela fait 5 millions d'euros.  Bolloré le sait parfaitement.

Voici quelques données comparatives relatives à  Grasset et au Seuil:

                                               2021  2022.   2023   2024. 2025

En millions d'euros

Chiffre d'affaires.          

Grasset                                 16        15        12        16       12   

Seuil                                      34        33        33        35    non publié

Résultat d'exploitation

Grasset                              + 2,1   +1,1      +0,4.    +1,2.   + 0,6

Seuil.                                   - 4,6.    -4,4.     -3,5.     +1,6   non publié


Les chiffres parlent d'eux même.

La vérité est que l'évolution des résultats est arrivée à point nommé, le prétexte l'a suivi sur un plateau.  

- Ce que voulait Bolloré c'est prendre la main en écartant un "commis" trop indépendant. 

Il écrit d'ailleurs dans son papier publié par le JDD à propos du prochain livre de Boualem Sansal:

"  Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l'année ce qui était contraire à la volonté d'Hachette qui est le réel propriétaire de Grasset.

En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine"

Il a raison, sauf que, Hachette proclame sur la page d'accueil  de son site:

" L'autonomie éditoriale de nos maisons est le ferment de leur créativité".

Davantage encore:

Hachette - faisons simple, Vincent Bolloré- veut faire éditer par Grasset un ouvrage - Rome objet d'amour- signé par Nicolas Diat éditeur de Philippe de Villiers et de Jordan Bardella chez Fayard. 

Un livre pour Fayard pourtant, qu'aurait louangé, et que louangera sans doute, Pascal Praud.

Olivier Nora a refusé.

Dehors!

"L'autonomie éditoriale de nos maisons ..."

Quand on a mon âge et qu'on a un peu vécu comme on dit dans le milieu des affaires, on en a vu des manoeuvres. Bolloré savait que Nora refuserait de publier Nicolas Diat. 

Il fallait se débarrasser d'un homme libre, l'occasion était trouvée.

Maintenant, plus de 110 écrivains vont quitter la maison.

Après bientôt 120 ans d'histoire,  Grasset risque de mourir à ce qu'elle était pour devenir une officine supplémentaire dans l'appareil de propagande de cet homme infréquentable.

Les 12 ou 16 millions de chiffre d'affaires ne comptent pas.  Il s'en moque le ploutocrate, cela ne pèse rien.  Hachette fait près de 10 milliards de chiffre d'affaires.  

À la fin de son éditorial, Vincent Bolloré écrit:

"Je suis chrétien et démocrate."

Chrétien ? J'en suis ravi pour lui;  il peut aller à confesse. Tous les jours s'il le veut; il y a de quoi.

Démocrate ? Orbán et Trump disent la même chose. On n'est pas obligé de les croire.


Voilà que par hasard, je lis qu'en 2023 Nicolas Sarkozy, administrateur d'Hachette, propriétaire de Grasset, avait proposé à Muriel Beyer, éditrice,  de remplacer Olivier Nora.  Elle avait décliné au motif que Grasset avait un excellent patron.  

C'est une vieille rancune que notre grand homme nourrit à l'endroit d'Olivier Nora. Il avait publié de 2008 à 2013 les désopilantes mais assassines "Chroniques du règne de Nicolas 1er"  de Patrick Rambaud.

Bolloré, Sarkozy, deux frères.

On patauge, dans la fange.

Eux s'y sentent bien.

Moi, j'en ai soupé.



Alors je vais vous raconter une belle histoire, celle de jeunes musiciens, brillants et généreux:

                                "La leçon d'Hermès".

Le 1er avril, la quatuor Hermès donnait un merveilleux concert Salle Cortot à Paris.

Acoustique exceptionnelle et intimité dans cette petite salle de 400 places.

Au programme:

L'extraordinaire quintette n°3 de Mozart pour violons, deux altos et violoncelle.

L'adagio émouvant du quintette de Bruckner, pour violons, deux altos et violoncelle.

Et pour conclure:

Le quatuor n° 2 de Korngold vif, tendre puis dansant dans son 4ème mouvement intitulé "valse", avec un Levionnois en feu.

Ce concert était le dernier auquel participait l'altiste du quatuor, Lou Yung-Hsin Chang . Co-fondatrice d'Hermès 18 ans plus tôt. Elle souhaite aujourd'hui vivre une autre vie.

Ses amis ne lui en voulaient pas. Davantage encore, ils avaient décidé de lui faire un sublime cadeau .

Omer Bouchez, premier violon, Élise Liu, deuxième violon  et Yan Levionnois, violoncelle,  qui avaient créé l'ensemble avec elle,  ont élaboré un programme destiné à lui rendre hommage faisant la part belle à l'alto. Et aussi, pour accueillir avec elle, son successeur. De sorte que celle qui partait ouvrait ses bras à celui qui allait prendre sa suite.

Après l'adagio de Bruckner qui clôturait les pièces pour deux altos,  Lou Yung-Hsin Chang s'est éclipsée discrètement au milieu les ovations émues.  Elle laissait la place à Manuel Vioque-Judde.

Voyez-vous, ces jeunes trentenaires, musiciens merveilleux, nous ont donné ce soir là,  avec une radieuse humilité une belle leçon de générosité.

Ce moment magique m'a fait oublier la fange et ceux qui s'y vautrent. Et tous ces barbons voûtés  qui s'accrochent à leurs siègent, détestent ou écartent  leurs successeurs potentiels et considèrent leurs mandats comme faisant partie intégrante de leur patrimoine. On l'a vu aux dernières municipales.


Ce soir là, Bolloré et Sarkozy n'étaient pas là. Les barbons voûtés non plus.

Nous étions  heureux.



 








lundi 13 avril 2026

 


                                                 

                                        Quelle ordure !


 Il faut faire attention avec les mots. J'ai donc fait attention. Très attention même.

Ordure

- personne vile, abjecte (Larousse)

- personne abjecte (Le Robert)

Vil

- qui suscite le mépris. (Larousse)

- qui inspire le mépris, qui est sans dignité, sans courage ou sans loyauté (Le Robert)

Abject

- qui inspire le dégoût, le mépris par sa bassesse et sa dégradation morale. (Larousse)

- qui mérite le mépris, inspire un dégoût moral. (Le Robert)

                                       XXXX

Eh bien oui, chers Lecteurs, précautions polysémiques prises,  et bien que cela me répugne, Nicolas Sarkozy est une ordure. J'avais hésité avec crapule que le Larousse définit ainsi: "personne malhonnête".

Nicolas Sarkozy n'est pas définitivement condamné il est donc présumé innocent. Ce n'est donc pas, à ce jour, une crapule.

Il a été chef de l'État. Le chef de notre État. Quoi que l'on ait voté à l'époque, j'ai voté pour lui au deuxième tour en 2007, il faut être triste.

Le 15 décembre 2025 j'avais écrit ce que je pensais de son "Journal d'un prisonnier" , important chef d'oeuvre littéraire et éthique. 

J'avais omis de mentionner un passage pourtant édifiant, qui témoignait de sa grandeur d'âme.

Il avait en effet qualifié - "traité" serait plus juste-  , le général François Lecointre, ancien chef d'état-major des armées et  grand chancelier de la légion d'Honneur- "d'obscur général."

L'obscur général avait été décoré de la légion d'honneur à 33 ans pour "bravoure sous le feu", récompensé pour son courage sur le pont de Vrbanja à Sarajevo.  Je lui ai rendu hommage le 2 juin 2025 à l'occasion de la sortie de son livre magnifique "Entre guerres".

Qu'elle était minable cette reconnaissance de la Nation en regard  de celle qui honora dans sa promotion du 14 juillet  2008, sur le contingent du président de le République, les mérites de madame Choubrac, magistrate aux affaires familiales au tribunal de Nanterre, laquelle avait réglé avec célérité et discrétion le divorce de Nicolas Sarkozy avec sa femme de l'époque.  "Je crois qu'il a apprécié que je n'en parle pas" , avait-elle déclaré.

Illustre magistrate. Obscur soldat.

Nous voilà donc devant la première chambre de la Cour d'appel de Paris. 

Là, dans le déshonneur, notre grand homme a gravi une marche supplémentaire.

Rappelez-vous, "Il n'y a pas de quoi se réjouir", mon article du 29 septembre dernier:

En première instance il avait lâché ceux qui l'avaient servi.

Guéant - son plus vieux et plus fidèle collaborateur -, et Hortefeux - son frère (sic):

 Pensez, ils ne lui avaient rien dit de leurs voyages libyens et des rencontres qu'ils avaient faites "guidées" par deux intermédiaires véreux que le grand homme connaissait bien pourtant. 

Ah ça, s'il avait su!

"Pourtant lui demande Olivier Géron, le président de la Cour,  un an avant, vos deux collaborateurs étaient allés en Arabie saoudite, en compagnie de Takieddine. Et cette fois là vous étiez au courant."

"Oui, en effet."

Un ange passe. 

Et puis il y avait eu Herzog , son fidèle avocat et serviteur dévoué dans les causes difficiles. Il s'exposa Herzog, ô combien. Il était imprudent Herzog mais c'était au service du grand homme. 

Résultat, condamné et interdit d'exercer. 

Le grand homme prononça une oraison funèbre du plus bel effet qu'on peut résumer ainsi:  "il n'était pas capable de gérer un dossier pareil, il aurait dû le dire, je m'en suis aperçu trop tard."

Il est pourtant avocat, lui aussi, notre grand homme. Mais non, ça n'y fait rien.  Allez Herzog, du balai! 

La question qu'a dû se poser Nicolas Sarkozy est, j'imagine, la suivante: "Comment m'en sortir devant cette Cour et son président  Géron qui n'est pas un poussin de la dernière couvée?"

Il semble qu'il a trouvé la réponse. S'en prendre aux absents.

D'abord mettre en cause son prédécesseur: la Libye c'est pas moi c'est Chirac.

Ensuite et surtout, Guéant. 

Il est malade Guéant, il ne peut pas comparaître. Alors on le cible. Les sous-entendus seront bien utiles.

"je n'ai jamais demandé directement ou indirectement le départ (comprenez l'exfiltration) de Béchir Saleh" (ex directeur de cabinet de Kadhafi), réclamé pourtant par la Libye débarrassée de Kadhafi.

Sous-entendu: si ce n'est pas moi, c'est Guéant ministre de l'intérieur de l'époque

"j'étais à cent lieues d'imaginer l'affaire de la villa et des tableaux" 

Malgré la proximité constante de Bernard Squarcini patron de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure c'est à dire du renseignement intérieur, son camarade, l'homme qui savait tout sur tout le monde. Oui malgré Squarcini,  il ne savait rien.  Décidément, comme dans la chanson d'Alain Souchon, "on lui cachait tout, on lui disait rien."

" c'est à Claude Guéant d'expliquer ce qu'il a fait. Mais si on me demande mon avis, ça me semble extrêmement étrange".

Il ne lâche plus, il charge.

Le président Géron, pas dupe sans doute, lui dit:

" Une conversation a été enregistrée entre Claude Guéant et sa fille le 13 juin 2013. Elle lui parle "du jour où tu vas te décider à balancer", il lui répond "je ne vais pas balancer". A quoi fait-elle allusion monsieur Sarkozy ?"

"Je n'en sais rien. ... J'aurais été très heureux que monsieur Guéant soit là. C'est tellement plus simple devant la Cour quand il n'est pas là"

Plus simple en effet, mais pour lui.

Car malheureusement, la fille de Claude Guéant, ne peut pas venir témoigner et la Cour ne peut pas se transporter pour aller entendre son père. Le code de procédure pénale ne le prévoit pas.

Quant à Guéant, ma conviction est qu'il n'aurait pas parlé.

Est-il propre Guéant dans toutes ces affaires ? Il est clairement apparu que non.

Mais à tout prendre, sans doute ne veut-il pas finir avec la réputation d'avoir été  une "balance" comme on dit dans le milieu.

Cela l'honore.

Notre grand homme n'a pas ces scrupules; il balance.


Alors me direz-vous:

"S'il est innocent ? Il a bien le droit de se défendre !"

Et je vous répondrai:

"Evidemment, mais pas au prix de ces lâchetés."


" La nature vous essaie dans un sens , et puis ça y est, pour toujours."

Céline: "Voyage au bout de la nuit"





lundi 6 avril 2026

 


                        Une semaine dans la vie de Donald (*)



Lundi: 

Salle de bain: douche, les dents, puis coiffure. Passer la mèche à la laque.

Penser à faire pendre la cravate jusqu'au sexe: "suivez le guide vers les splendeurs passées."

Téléphone à un de ses fils:

 "Demain j'annonce que je vais détruire l'Iran. Le pétrole va monter. Achète.

Mais on ne peut pas, Dady, , c'est un "délit d'initié", c'est interdit.

Ne t'inquiète pas, j'ai changé le président de la Security Exchange Commission (*),  il sait qu'il n'a pas intérêt."

Déjeuner: steak haché, ketchup et ships, Coca light

Signature d'un décret sur ...à zut il ne sait plus lequel! Pas grave, l'important c'est qu'il signe. Devant des caméras amies. D'ailleurs les autres doivent rester à la porte.

Après-midi: inspection de la future salle de bal. Finie elle sera  dorée, comme chez lui, comme son pyjama, comme il s'aime.

Puis télévision: vérifier qu'on l'y adule

18 heures: téléphone à son fils: 

"Pour combien as-tu acheté de contrats. 

C'est bien. Jolis profits en perspective ."

Légère collation

Puis en lettres CAPITALES AVEC DES POINTS D'EXCLAMATION  invectiver, injurier ses adversaires et se glorifier sur son réseau social.

Puis au lit dans son pyjama doré.


Mardi:

Salle de bain,  douche, les dents puis coiffure. Passer la mèche à la laque.

Penser à faire pendre la cravate jusqu'au sexe: "suivez le guide vers les splendeurs passées." 

11 heures: annonce du futur massacre de l'Iran. Les cours du pétrole flambent.

11h30: Téléphone du fils. 

"Super ! Tu es trop fort, Dady !  C'est encore mieux que j'pensais."

Signature d'un décret sur ...à zut il ne sait plus! Au demeurant, ce qui est important c'est qu'il signe. Devant des caméras amies.

Déjeuner: steak haché, ketchup, ships, Coca light.

Là-bas, avec Benjamin on bombarde. Les bombes tombent en Iran, au Liban. Des enfants tombent aussi.

13 heures on décolle. Destination Mar-a-Lago. 

Air Force One, c'est le contribuable qui paye le voyage la vie est bien faite tout de même.

Après-midi: golf.

Puis télévision: vérifier qu'on l'adule.

Puis en lettres CAPITALES AVEC DES POINTS D'EXCLAMATION  invectiver, injurier ses adversaires et se glorifier sur son réseau social.

Légère collation

Puis au lit dans son pyjama doré.


Mercredi:

Mar-a-Lago: salle de bain dorée, douche, les dents puis coiffure. Passer la mèche à la laque.

Penser à faire pendre la cravate jusqu'au sexe: suivez le guide "vers les splendeurs passées."

7 heures - il est matinal- décollage pour Washington

11 heures:

 Il vire la procureure générale: pas assez diligente dans sa poursuite des juges qui ne lui obéissent pas et dans la maquillage de l'affaire Epstein. Il l'a pourtant nommée, l'ingrate. Il pense "la s.....!"; on le lui a déconseillé.

À sa place, il nomme un de ses avocats. Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir. 

Cela fait un décret de plus; les caméras amies sont là.

Déjeuner: steak haché, ketchup, ships, Coca light.

 Après-midi:

Inspection des travaux dans la salle de bal.

Télévision: vérifier qu'on l'adule.

Légère collation.

Puis en lettres CAPITALES AVEC DES POINTS D'EXCLAMATION  invectiver, injurier ses adversaires et se glorifier sur son réseau social.

Puis au lit dans son pyjama doré.


Jeudi:

Salle de bain, douche, les dents puis coiffure. Passer la mèche à la laque.

Penser à faire pendre la cravate jusqu'au sexe: suivez le guide "vers les splendeurs passées." 

11 heures: annonce qu'il envisage de quitter l'OTAN. 

Ça lui est arrivé comme ça. Il cherchait quelque chose à son réveil, pour créer le buzz. Un buzz par jour c'est essentiel, c'est comme cela qu'il gouverne. Pour lui, le reste n'a pas importance. Il l'a trouvé ce buzz en enfilant les pieds dans ses mules dorées.

 Il est ravi Donald. 

Et génial, décidément.  

Déjeuner: steak haché, ketchup, ships, Coca light.

Après-midi:

Réunion sur l'évolution du conflit avec l'Iran, la paralysie d'Ormuz, les cours du pétrole qui s'envolent,  la crise qui vient etc. etc. etc. 

Il écoute un peu. On lui a préparé un dossier parce qu'il le faut bien. Ils savent pourtant, "on" et les autres,  que Donald ne lit pas. Il faut bien donner l'impression, on est quand même payé pour ça..

Télévision: vérifier qu'on l'adule.

18 heures: téléphone à son fils. 

- "Demain à 11 heures j'annoncerai que nous discutons avec Téhéran et que je repousse mon ultimatum. Les cours du pétrole vont baisser."

Vends à 10h30"

- C'est vrai tu négocies ?

- Mais non idiot! L'important c'est que le cours du pétrole baisse et qu'on encaisse la plus-value. "

Puis  télévision: vérifier une nouvelle fois qu'on l'adule.

Légère collation.

Puis en lettres CAPITALES AVEC DES POINTS D'EXCLAMATION  invectiver, injurier ses adversaires et se glorifier sur son réseau social.

Puis au lit dans son pyjama doré.


Vendredi:

Salle de bain, douche, les dents, puis coiffure. Passer la mèche à la laque.

Penser à faire pendre la cravate jusqu'au sexe: suivez le guide "vers les splendeurs passées". 

11 heures:

Conférence de presse:  Annonce de négociations avec Téhéran etc.

Les cours du pétrole chutent.

La presse révèle des ventes étonnantes - suspectes ?-  vingt minutes avant la conférence de presse. 

Le président de la SEC était occupé, il regardait ailleurs.

"Dady t'es le meilleur !"

" Je sais".

Déjeuner: steak haché, ketchup, ships, Coca light.


Puis direction Mar-a-Lago.

Repos et golf jusqu'à dimanche soir.

Pendant ce temps avec Benjamin on bombarde. Les bombes tombent en Iran, au Liban. Des enfants tombent aussi.

Donald est content. Comme toujours, il a gagné sa partie de golf avec un beau score.

Cette fois,  pourtant, il a moins triché que d'habitude.




(*) Toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite et involontaire.

(**) La Security Exchange Commission (SEC) est l'équivalent de notre Autorité des Marchés Financiers (AMF): elle fixe les règles relatives aux marchés financier, contrôle leur respect et le cas échéant sanctionne.

lundi 30 mars 2026

 



    Il y a peu, une jeune femme que j'aime beaucoup m'a écrit.


Elle est généreuse, tolérante, tournée vers les autres et notamment les faibles et, ce qui est rare, met sa vie en accord avec ses idées.

Ajouterai-je, oui évidemment, qu'elle a été d'une présence et d'un soutien considérables pendant que notre fille partait. Et puis après.

Elle m'a autorisé à écrire sur nos échanges.

Son propos était en substance celui-ci:

- Il n'est plus à démontrer que "Mélenchon est une ordure" mais  on ne peut pas mettre dans le même sac "l'ordure"  et ceux qui  votent pour LFI.

LFI, tout de même, ce n'est pas le RN et y accoler le qualificatif d'extrême, est sévère.

 Ce n'est pas la même histoire.

On ne peut pas dire que l'une représente le même danger que l'autre.


Que répondre à cette jeune femme car, au fond, ses arguments sont forts ?


Alors voilà l'essentiel de ce que je lui ai répondu. Ce n'est pas un verbatim; j'ai au surplus fait quelques ajouts; mais ils sont fidèles.

"Le qualificatif d’extrême n’est pas pour moi péjoratif. Cela veut dire "le plus".

Si l'on veut bien considérer que La Ligue Communiste Révolutionnaire n’est pas dans le coup,  LFI est le parti le plus à gauche; cela ne me gêne pas, il en faut bien un. 

La vie politique française a été construite sur cette coexistence de partis dont les projets sont diamétralement opposés; j’ai toujours connu cela. 

Beaucoup de mes camarades avaient des idées radicalement différentes des miennes; j’essayais de les convaincre. Je n’ai pas souvent réussi. Eux non plus. Cela n’a rien changé à nos estimes réciproques.


 L’extrême droite a depuis toujours une connotation péjorative. Elle est amplement méritée. 

Je déteste l'extrême-droite et son président qui "porte bien" et à propos duquel, paraphrasant Xavier Giannoli, je dirais que les partis "illibéraux" ont besoin de gens qui présentent bien.


Je déteste Madame Le Pen qui va à Budapest déclarer sa flamme à  son "ami Orbán" lequel, ami de Poutine, met son véto à l'aide que l'Europe veut apporter à l'Ukraine.

"Les amis de mes amis...", n'est-ce pas ?


 Ceci posé, la quasi-totalité des experts ont dit la grande porosité qui existe entre les électorats de LFI et du FN.


Les partis dits  de "l’arc républicain",  en sont largement responsables . 

Quand les gens les plus faibles ou les plus perdus se sentent abandonnés, qu’ils sont confrontés à la suffisance et parfois aux mensonges,  à force,  ils cherchent ailleurs. Je serai le dernier à les en blâmer.


" L'insécurité politique provoque l'insécurité sociale dans laquelle s'engouffrent ceux qui promettent des sécurités fausses."   Pierre Vivarès, curé de Saint-Eustache. Entretien avec Pierre Servan-Schreiber. (*)

 

 

Alors pourquoi suis-je si sévère avec LFI ?


- Parce que ce parti est organisé autour d’un homme qui a vénéré et continue de vénérer des bourreaux. (sur Croque-notes "J'admire Jean-Luc Mélenchon"  22 avril 2024 ou "Cet homme est dangereux"   2 juin 2025.)

 

- Parce que l’organisation du parti est non seulement anti-démocratique mais dictatoriale. Mélenchon, Bompard, Pannot, Chikirou  et leurs entourages gouvernent par la purge:  Raquel Garrigo, Clémentine Autain, Alexis Corbières, François Ruffin par exemple: tous purgés.

Si cette bande parvient un jour au pouvoir, ils continueront car il n’y a pas d’exemple dans l’histoire que l’arrivée au pouvoir ait rendu vertueux ceux qui ne l’étaient pas.


- Parce que ceux qui travaillent auprès de Jean-Luc Mélenchon, n'ont pas le courage de le fuir fussent-ils en désaccord avec ses hurlements haineux, renonçant à leur honneur au profit de leurs mandats. 

 

- Parce que ce parti véhicule l'antisémitisme. Que ce soit par calcul n’importe pas. Ce qui importe c'est la diffusion du poison. C'est précisément ce que Mélenchon recherche. 

Et puis d'ailleurs, est-ce vraiment par calcul ?

 

 

Le volte-face, je devrais écrire le reniement, du PS après le premier tour des municipales, permettra de sauver des sièges peut-être  et malheureusement de donner des arguments à l’extrême droite qui pourra dire en 2027: "Ne les écoutez pas ce sont des menteurs".


(On a vu depuis cet échange que le bilan fut maigre. Tant de trahison pour si peu!) 


Alors oui, je crains que les perversions autocratiques et antisémites d'un homme minuscule, fou amoureux de lui-même, servent de marche-pied à l'extrême-droite.



 Chère M...,  j’espère qu’un jour LFI sous ce nom ou sous un autre, plutôt un autre, débarrassé de Mélenchon et de son sinistre entourage, pourra recevoir mon estime, quelle que soit la distance considérable qui existe entre nos convictions respectives. Ce que n’aura jamais le Rassemblement National."


                                                     XXXXX


Depuis cet échange j'ai écouté, j'ai lu, j'ai repris mes notes. 

Je cite un peu, pardonnez-moi. Je me retiens tout de même Il y aurait de quoi citer bien davantage:


Sur Mélenchon:

" Il est venu quelques fois à Marseille pendant qu'il était député (de la 4ème circonscription) , dans un hôtel 5 étoiles du Vieux Port. C'est comme cela qu'il a vécu Marseille."

5 étoiles. Oui, vous lisez bien.

Benoît Payan Maire socialiste réélu à Marseille après avoir refusé tout  accord avec LFI. Interview au Nouvel Observateur



Sur la liberté d'opinion:

"J'assume totalement qu'il faille reproduire un certain nombre de censures dans l'espace public, pour établir un espace où les opinions justes  prennent le pas sur les opinions injustes"

Geoffroy de la Gasnerie ("philosophe" et sociologue de la gauche radicale, intellectuellement proche de Jean-Luc Mélenchon, qui qualifie François Ruffin de "réactionnaire". Excusez du peu!).


On est glacé d'effroi !



Sur les juifs:

"Tout paraît impossible ou affreusement difficile, sans cette providence qu'est l'antisémitisme"

Charles Mauras.  


Il m'est avis que Jean-Luc Mélenchon aurait pu écrire la même chose et qu'à défaut il le pense. 


Alors, oui, dans le degré des opinions détestables, LFI s'est abaissé au niveau du RN.


Il reste un an pour éviter le drame. 


(*) Pierre Servan-Schreiber a créé un podcast passionnant "Parole de Lawyer". D'audio il vient de devenir audiovisuel. 


Parole de Lawyer par Pierre Servan-SchreiberAushahttps://podcast.ausha.co › parole-de-lawyer






 

lundi 23 mars 2026

 

                        

                                    La Chèvre, le Bouc et le Loup 


Dans une vallée paisible, une chèvre un matin,

Allant chercher son herbe.

Croisa un vieux bouc, qu'elle connaissait bien.

Il se pensait superbe.

La lippe dédaigneuse, hurlant et injuriant,

Il admirait son verbe, et prenait des postures,

Se trouvant encore beau malgré le poids des ans.

- Où vas-tu donc vilaine à cette vive allure ?

- Chercher mon herbe Monsieur puis, sans contrepartie,

Aider mes supporters à gagner des mairies. 

Car on vote bientôt dans toutes nos bergeries.


- Crois-tu que je l'ignore femme stupide et molle ?

Sans moi n'espère rien, car je suis leur idole.

Dieu sur mon auguste front a posé son long doigt,

Il n'est qu'une victoire, elle passe par moi.

Faisons campagne ensemble dit le mâle encorné,

Je serai votre chef, et tu m'obéiras,

Les bergeries tomberont autant que l'on voudra.

Étant le plus intelligent et le plus cultivé,

On louera ma vaillance à longueur de journée.

Dans un an tu verras, je serai couronné.


- Mon Dieu, dit la donzelle, pour qui crois-tu me prendre!

 Tu es bien prétentieux or, ma foi tu sens fort.

À force de tant d'injures et de haine distillées,

Mes chèvres c'est certain te feront un linceul,

Viel homme abandonné à ta contemplation.

Tu finiras bien seul 

Et sans acclamation."


Sur ce la fière dame revint en son logis,

Convoqua les journaux et déclara ceci:

" Le vieux bouc se croit Dieu, nous lui tournons le dos.

Je ne veux point d'accord, voilà mon dernier mot".


La-haut sur la montagne, un loup déterminé, 

Observait cette scène d'un air fort amusé.

Se léchant les babines il dit à ses lieutenants

"Attendez quelques jours, et leurs nouveaux slogans"


- Les jours passèrent donc et on alla voter;

La chèvre en bien d'endroits n'avait pu l'emporter.


- Alors vieille prétentieuse, que dis-tu maintenant,

Refuses-tu toujours de m'avoir pour amant ?


- C'est qu'hélas les vents aujourd'hui sont contraires,

Et bien des bergeries, iront à l'adversaire.

Ton odeur finalement est plutôt agréable.

Passons donc un accord, ceci n'est pas coupable.

En silence cependant, 

Ma vertu en dépend.


C'est ainsi qu'il fut fait. Dans bien des bergeries,

La chèvre ainsi sauva certains de ses amis.

Mais les succès furent maigres, à vrai dire dérisoires,

Car les brebis furieuses refusèrent de boire.


Le Loup sur sa montagne était tout en sourires. 

- Dormez mes bons amis, mentir est un métier.

Croyez moi, j'en suis maître et vais le leur montrer.

Cette chèvre naïve nous offre le lacet 

Qui dans un an d'ici, lui serrera le cou.

Nous n'aurons plus qu'à dire:

"Ne les écoutez point ces gens sont des menteurs.

Tout ce qu'ils vous promettent, est serment de filous."

La victoire est en marche, nous sommes ses chevaliers.

Allez vous préparer, c'est maintenant notre heure.













-


 


lundi 16 mars 2026

 


                                    La pluie des petits cailloux.



Voyez-vous, j'ai un peu la gueule de bois ce lundi 16 mars et je ne vais pas m'étendre.

Les extrêmes ont fait hier une percée significative au 1er tour des municipales:

- LFI a gagné Saint-Denis, est en passe d'emporter Roubaix, Limoges, Montpellier, Toulouse peut-être, et se trouve souvent en position de faiseur de reines et de rois: Nantes, Rennes, Marseille, ou même Paris.

- L'extrême droite n'est pas en reste: Perpignan, Bézier, Hénin-Beaumont, Nice, Cagnes-sur-Mer emportés dès le premier tour. 1/3 des voix à Marseille, à Toulon. Victoire probable à Nice.

Jusqu'à maintenant, la carte municipale de la France, était peuplée de gens non encartés ou des militants des partis de l'axe républicain qu'il soient de droite, du centre ou de gauche.

Aujourd'hui, le piège de ce que les français tiennent pour  l'indifférence des élites s'est refermé. La droite, le bloc central, et  la gauche se retrouvent en beaucoup d'endroits à la merci des accords que le RN et LFI veulent leur imposer. 

Les "Verts", dont Devos disait qu'ils étaient daltoniens, donnent le sentiment d'y courir.

Les affres de la politique nationale semblent donc avoir contaminé les scrutins locaux; à vrai dire on pouvait le craindre. 

Les communes gagnées constitueront le socle sur lequel continueront de prospérer les deux extrêmes.

Nous verrons ce que donneront les accords passés en vue du second tour. Mais en tout état de cause, il se confirme que 2027 sera bien compliqué.

Espérons que dans un peu plus d'un an, nous n'aurons pas à nous dire:

-  ce scrutin municipal,  " c'était la pluie des petits cailloux précédant l'avalanche" .

Ian Mc Ewan Leçons







lundi 9 mars 2026

 

                                            



                                   A quoi ça tient le malheur des Hommes.


Soyez rassurés, je ne vais pas jouer à l'expert ; il y en a tant dans les dîners en ville.  

Chaque fois qu'on lui demandait son opinion et qu'il ne se sentait pas en capacité de la donner, un ami notaire malheureusement disparu répondait d'une voix trainante: "J'ai pas l'dossier".

C'est mon cas. 

Quand bien même l'aurais-je...

Dans ses Mémoires de guerre, de Gaulle avait écrit: "Vers l'orient compliqué je m'envolais avec des idées simples".

Sans-doute qualifierait-il autour d'hui le Moyen-Orient de très compliqué. 

Bien que je n'aie pas le dossier, je m'accorde pourtant le droit de constater et ceci fait de craindre.

Je ne vais pas vous ennuyer avec les notions de droit international, de séparation des intérêts privés et de l'action publique, de probité, de respect des engagements pris, toutes choses qui font s'esclaffer Trump et Netanyahu.

Non, voici juste où j'en suis ce soir: 

- L'Iran n'a rien à voir avec le Vénézuéla, pays dans lequel je suis allé, ni géographiquement, ni politiquement, ni économiquement, ni militairement.

- Il faut évidemment se réjouir de la mort du tyran "enturbané". Qui  le pleure d'ailleurs en dehors des Gardiens de la révolution, milice violente et corrompue et de quelques "leaders démocrates" comme Poutine ou Xi ? 

- Il  faut se réjouir de la chute, si elle intervient, d'un régime oppresseur, corrompu et sanguinaire.

- Mais après, une fois qu'on a dit cela ? Le peuple iranien avait faim. L'économie de l'Iran totalement effondrée, il aura faim davantage encore, car voyez-vous il m'est avis que Trump et Netanyahu se contremoquent, du sort du peuple iranien.

- On se demandait "qui peut assurer que le successeur de Khamenei ne sera pas un tyran lui aussi ? " Eh bien nous avons la réponse: un fils succède au père avec les mêmes amitiés et les mêmes idées criminelles.  Quel magnifique succès !

Et puis il y a "le reste", si je puis dire. 

- La Chine importe du Moyen-Orient près de 60 % de son pétrole, dont près de 15% d'Iran. Ce pétrole passe par le détroit d'Ormuz... qui est bloqué. Malgré ses stocks importants, elle ne va probablement pas aimer cela longtemps.

- Plus de 10% du commerce mondial passe par le détroit d'Ormuz... qui est bloqué.

Je n'ai pas le dossier mais je crains.  

Car il y a deux ou trois choses  que je sais: 

Si la guerre dure, nous irons vers une crise économique majeure. Elle affectera d'ailleurs probablement moins les États-Unis , exportateurs nets de ressources énergétiques fossiles, que le reste du monde. 

Si cette crise économique est avérée et se prolonge: 

- les prix augmenteront, tirés par la hausse du pétrole, du gaz et des matières premières. 

- la consommation des ménages stagnera ou pire, diminuera. 

- la secteur de la dette privée souffrira sérieusement, la finance sera en état de stress et les taux d'intérêt pourraient s'élever dangereusement et les marchés chuteront.

- des projets d'investissements seront repoussés

-  le chômage s'aggravera, 

- les recettes fiscales seront affectées  quand les dépenses des États ne pourront pas être réduites au risque sinon, de provoquer ou d'aggraver une récession possible.

-  les finances publiques se détérioreront. (Chez certains qui se sont laissé aller, ce sera très compliqué ; suivez mon regard.)

Et puis:

- Il y a l'Ukraine, victime collatérale, qui ne pourra plus compter sur les États-Unis, lesquels puisent dans leurs stocks d'armes sous le regard probablement intéressé de la Chine et le sourire carnassier de la Russie.

- Il y a la cohorte des invalides et des morts en Iran , dans les Émirats, au Liban une fois encore, qui vient s'ajouter à celle de ceux de Gaza, d'Ukraine et d'ailleurs.

Alors on se demande: tout cela, à quoi ça rime ?

Qu'est-ce qui a pu décider le "président méchu" non seulement à ne pas empêcher cette guerre mais pire, à la faire ?

La question lui a été posée.  

Il a répondu, lui qui ne lit pas:

"Mon intuition".

À quoi ça tient le malheur des Hommes.